La revue scientifique

Posté le 20 mai 2014 par edouardthomas733 dans Les travaux de chacun

Ce texte examine la prostitution sous un oeil scientifique, au travers des opinions de sociologues :

Revue scientifique: Prostitution

Il existe trois tendances en matière de prostitution:
-réglementarisme: ce mouvement se fonde sur la création de lieux clos qu’il justifie par la volonté d’instaurer un contrôle sanitaire des prostituées. On part du principe que la prostitution est un mal nécessaire. -abolutionisme: ce mouvement est né du fait que certains voyaient dans le réglementarisme une traite des êtres humains. Est né en France avec la loi Marthe Richard d’avril 1946. La prostitution est, selon les abolitionistes incompatible avec la dignité humaine. Les prostituées sont donc des victimes et les proxénètes sont des criminels. -prohibitionnisme: dans ce mouvement, la prostituée et le proxénète sont tout deux criminels.

Raymonde Séchet: « La prostitution, enjeu de géographie morale dans la ville entrepreneuriale. Lectures par les géographes anglophones », L’Espace géographique, 38(1), 2009.
la prostitution est selon lui un enjeu de géographie morale. Les lieux de prostitution sont des espaces du divertissement masculin où l’offre et la demande se rencontre. La mondialisation de la prostitution a été favorisée par l’essor du tourisme international lors de grands évènements (surtout sportifs) dont la clientèle est majoritairement masculine. La référence au divertissement masculin permet d’expliquer la localisation des lieux de prostitution. En effet, les lieux où il y a une tolérance pour la prostitution semblent être caractérisés par des “sex-ratios” particulièrement déséquilibrés (ex: fronts pionniers, zones minières ou camps militaires). La présence de “quartiers du vice” dans les grandes villes est en général fréquente (red light disctricts dans la plupart des cas). Ces quartiers de tolérance sont en fait un moyen pour la police de réguler la prostitution. Séchet avance également que les évolutions technologiques ont contribué à l’évolution des locations des activités de prostitution. Par exemple, l’usage de la voiture a développé de nouvelles pratiques chez les clients comme celle de longer les trottoirs sur lesquels les prostituées font du racolage. Le téléphone permet l’essor de la publicité avec l’affichage de cartes suggestives dans les cabines téléphoniques des quartiers connus pour leur activités hors normes (ex Soho à Londres).

Lilian Mathieu:
“Pénalisation des clients de prostituées : la répression, une posture démagogique vaine”, 2013.
Lilian Mathieu se démarque de la posture compassionnelle que les abolutionnistes adoptent vis-à-vis des prostituées. Les considérer comme des victimes revient à les croire incapable de réflexion ou d’action et à nier toute maîtrise de leur existence. C’est donc une posture condescendante. Il ne faut pas généraliser la situtation de toutes les prostituées. Toutes ne sont pas des jeunes femmes naïves victimes des proxénètes. Il faut se pencher sur leur parcours et leurs expériences. De plus, selon le sociologue, la conséquence de la pénalisation des clients est simplement que l’interaction avec les prostituées se fera ailleurs. Il s’agit des élus locaux qui répondent aux demandes des riverains de stopper les nuisances inhérentes à la prostitution afin de nettoyé les “centres urbains”.

Françoise Gil: “Prostitution: chronique d’une paupérisation annoncée”
Selon la sociologue, on s’intéresse uniquement aux situations dans lesquelles la prostituée est forcée à exercer mais que très peu aux cas où elle exerce de son plein gré. On ne parle également que très peu des hommes prostitués ainsi que des transgenres. La manipulation de l’émotion collective à l’égard des prostituées a permis la stigmatisation de tout homme client jusqu’à les qualifier de “prostitueurs” (ils forcent les femmes à se prostituer). Or, la plupart du temps, les clients sont demandeurs et respectueux. En considérant les prostituées de victimes qui n’ont aucun contrôle sur leur destin, on leur inflige en fait une violence symbolique. Cela revient à les traiter d’incapables. Francoise Gil avance également que la pénalisation du client aura pour conséquence une nouvelle dégradation de la condition de travail des prostituées ainsi que de nombreux dangers, dû au retour à la clandestinité, comme le manque de vigilance quant aux risques de transmission de MST. Il faut donc régulariser dans une approche de sécurisation des travailleuses du sexe.
Richard Poulin: Prostitution, crime organisé et marchandisation. In: Tiers­Monde. 2003,  tome 44 n°176. Entendre les violences II (sous la direction de Jean Cartier­Bresson et  Pierre Salama). pp. 735­770.
Richard Poulin affirme une sexualisation de la société fondée sur une inégalité sociale profondément marquée qui touche principalement les femmes et les enfants. Il emploit les termes de “marché du sexe” et “industrialisation de la prostitution” pour décrire la situation actuelle. Il décrit la prostituée comme une marchandise qui appartient au proxénète par la force. Sa qualification de marchandise implique le dépouillement de son humanité. Elle est exposée dans une vitrine ou sur un trottoir et le client décide ou non de se la procurer. L’industrialisation du sexe nuit à des femmes et des enfants qui deviennent des bêtes à plaisir utilisés pour maximiser le rendement du plaisir sexuel. Le sociologue dénonce également la domination masculine.

Texte écrit par Jimmy Castex

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